LONG - COURRIER - Exposition Juin/Juillet 2018 - Galerie Pascale Peyre à Sète - Photos Paul-Marie Grangeon

L'exposition LONG-COURRIER se déploie dans une série d'objets/sculptures réalisés avec des matériaux divers: plâtre, résine, céramique, textile, verre, oiseaux, plantes...

pullover

Pullover: caisse-américaine, moulage de mains en résine, livret illustré, 2017 - Terre en terre mêlées: céramique émaillée, 2017 - Voile irisé à la bombe, 2018

ronde

La ronde: martinets stratifiés, 2018 - Chemical: plante morte irisée à la bombe, 2018 - Équilibre: moulage en plâtre, sablier, 2018

sun

pullover: caisse-américaine, moulage de mains en résine, livret illustré, 2017 - La ronde: martinets stratifiés, 2018

ouvrage

Oeuvrage: moulage en plâtre, broderie, ficelle - Ensemble: moulage en plâtre, ailes de pigeon stratifiées

volcan

pullover: caisse-américaine, moulage de mains en résine, livret illustré, 2017 - Analogie du vivant: moulage en plâtre, chlorophytum, oeuf, terre-

Icare: néon, ballast, ailes de pigeon stratifiées

equilibre logie

Équilibre ....................................................................................................................... ..Analogie du vivant.........................................................................................................

bache

 

Élisa Fantozzi, coupe, colle, moule, peint, sculpte, vernis, agence, compose, décompose, recompose, rêve. Pascale Peyre à l’ œil. La rencontre entre la plasticienne Sétoise et la galeriste apparait comme une évidence. Après, les œuvres de Frederick Hoyer , Willy, ou encore Jean Jaques François, la galerie "Pascale Peyre" accueille depuis vendredi dernier le dernier travail d' Élisa Fantozzi. Très différentes les unes des autres, les œuvres retracent néanmoins une narration. Long-courrier : c’est le titre de l’exposition qui réfère à l’acte narratif. Long-courrier, également au voyage que l’on entreprend, qui nous happe. Temps et espace, inconscient, environnement, sont quelques-uns des thèmes chers à l’artiste . Quant à leur signification, Élisa nous confie qu’elle lui vient souvent en aval de leur réalisation. Ici on retiendra deux pôles inverses : le tendre univers de l’enfance et celui du chaos, du terme. Figurant dans la zone claire : des contreplaqués passés à la bombe avec des collages cocasses, décalés, percutants, qui collés les uns aux autres créaient une sorte de cadavre exquis baroque. L’enfance ou simplement la vie ce sont aussi les lunettes de soleil versicolores installées en colonne, œuvre on ne peut plus de saison et qui s’intitule les goûts et les couleurs.

Mais parfois, coriace et capricieuse, la vie émerge de troublants territoires.

Il y a par exemple cette plante un tantinet excentrique qu'Élisa a récupéré dans une poubelle et a plantée dans un cerveau et qu'elle a intitulé Chemical. On ne peut pas dire que celle-ci augure d’un avenir serein , mais la verte ébouriffée se porte bien ; belle et pulpeuse elle évoquerait presque un paon en parade. Parfois aussi l’artiste se fait magicienne. Les petits martinets qui luisent telles des étoiles désormais recouvertes de vernis époxy furent des oiseaux ...morts.

Il y a également ces mains, ses mains, qui tissent un ouvrage sans fin telle Pénélope, des mains d'où lesquelles la nature sort, des mains qui ont tous les pouvoirs, donner prendre détruire engendrer. Exaltée la main du faiseur. Celle de l’artisan, dénigré hélas , ou ignoré selon la plasticienne . Enfin il y a cette série : Pullover. Un cadre que lui a fabriqué un ami  menuisier. Dans ce cadre :  un paysage . Un dessin représentant la montagne, un volcan, un astre incandescent, dessinés de manière naïve, comme pour illustrer un livre de science pour écoliers. Ces photos, quelque peu surréalistes, rappellent certaines peintures de Magritte, par exemple, exposées sous verre se trouvent à portée de main un buste vidé de sa substance dont il ne reste justement que les mains, toujours elles bornées, irréductibles . Ces dessins de paysages fantasmés dégagent de par leur inaccessibilité, leur attrait, leur simplicité, leur magnétisme, une aura d’inquiétante étrangeté. Il y a quatre installations et chaque fois le paysage est assorti au pullover vidé de son occupant. Résultat d’un pêcher d’orgueil ? L'homme qui n’a de cesse de désirer façonner la nature doit –il disparaître ? Cette exposition, interroge, elle interpelle sans alarmer, sans chercher à rallier à une cause idéologique ou esthétique, elle anime.

Jordi Blain 2018